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Algues vertes en Bretagne : où éviter en bateau cet été

Chaque été, les baies de Saint-Brieuc et de Lannion se couvrent d’algues vertes échouées, parfois dangereuses en décomposition. Ce que ça change pour une sortie en bateau en Bretagne, et où naviguer sans souci.

Chaque été depuis la fin des années 1960, les mêmes baies du nord de la Bretagne se couvrent d’épaisses nappes d’algues vertes échouées sur le sable. Le phénomène ne concerne qu’une poignée de secteurs précis — il ne remet pas en cause une sortie en bateau sur le reste du littoral breton — mais mieux vaut savoir où il se produit et pourquoi avant de choisir son mouillage.

Un phénomène localisé, lié à l’agriculture intensive

Les « algues vertes » sont en réalité des ulves, des algues opportunistes qui prolifèrent quand l’eau reçoit trop de nitrates — ceux issus du ruissellement agricole sur les bassins versants bretons. Une étude sur les côtes de Bretagne et de Floride confrontées aux marées vertes estime à environ 100 000 m³ la quantité d’ulves ramassée chaque année sur le littoral breton, un volume qui donne la mesure du phénomène (Charlier, Morand & Finkl, How Brittany and Florida Coasts Cope with Green Tides, International Journal of Environmental Studies, 2008, voir l’étude sur Google Scholar). Le suivi par satellite confirme que le phénomène se concentre depuis des décennies sur les mêmes plages du nord des Côtes-d’Armor, année après année (Schreyers, van Emmerik, Biermann & Le Lay, Spotting Green Tides over Brittany from Space: Three Decades of Monitoring with Landsat Imagery, Remote Sensing, 2021, voir l’étude sur Google Scholar).

Les baies concernées

Deux secteurs cumulent l’essentiel des échouages : la baie de Saint-Brieuc (plages de Hillion, Morieux, Sables-d’Or) et la baie de Saint-Michel-en-Grève, entre Lannion et Perros-Guirec, touchées chaque été depuis la fin des années 1960. Un réseau de dix-sept points de mesure suit les échouages du 15 mai au 15 octobre, la préfecture des Côtes-d’Armor pouvant fermer une plage au public quand les concentrations dépassent les seuils sanitaires. Le reste du littoral breton — golfe du Morbihan, îles Glénan, Belle-Île, rade de Brest, presqu’île de Crozon, baie de Douarnenez, Roscoff — n’est pas concerné par ce phénomène chronique.

Le vrai risque : la décomposition, pas la baignade en mer

Le danger n’est pas de naviguer sur une eau qui contient des ulves, mais de s’attarder près d’un tas d’algues en décomposition sur le sable : en pourrissant, elles libèrent de l’hydrogène sulfuré, un gaz toxique dont l’odeur d’œuf pourri prévient en général avant que la concentration ne devienne dangereuse. L’affaire la plus connue reste la mort d’un cheval et le malaise de sa cavalière en 2009 sur une plage de la baie de Saint-Brieuc, un événement qui a conduit à la création d’un premier plan de lutte contre les algues vertes en 2010. Pour un équipage en bateau, le risque concret se limite donc à éviter de débarquer ou de mouiller à toucher d’un amas d’algues échouées et en décomposition, en particulier en fin d’été quand les tas les plus anciens ont eu le temps de fermenter.

Ce que ça change pour une sortie en bateau

Où naviguer sans y penser

La quasi-totalité de la côte bretonne reste en dehors de la zone concernée. Boat-Comparator compare en direct Boataround, SamBoat et Click&Boat sur la rade de Brest et la presqu’île de Crozon, la baie de Douarnenez, les Glénan, Lorient et Groix, La Trinité-sur-Mer et le golfe du Morbihan — des plans d’eau à l’écart des baies touchées. Pour une sortie du côté de Perros-Guirec malgré tout, notre guide sur la côte de granit rose détaille les criques à privilégier, à distance de la baie de Saint-Michel-en-Grève.

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