Guide BOAT-COMPARATOR
Milles nautiques et nœuds : calculer le vrai temps de trajet de votre location
Un mille nautique ne fait pas un kilomètre, et un nœud n'est pas linéaire avec la vitesse d'un semi-rigide. La méthode simple pour estimer un temps de trajet avant de partir.
« La crique est à 8 milles » ne dit rien du temps de trajet tant qu’on ne sait pas convertir. Bonne nouvelle : la méthode tient en une règle de trois, et elle évite de partir trop tard ou de rentrer à la nuit sans l’avoir prévu.
Le mille nautique, une unité à part
Un mille nautique vaut 1 852 mètres, soit environ 15 % de plus qu’un mille terrestre et 1,85 fois un kilomètre — ce n’est pas un choix arbitraire : il correspond historiquement à une minute d’arc de latitude sur le globe, ce qui en fait l’unité naturelle de la navigation. Le nœud, unité de vitesse en mer, correspond à un mille nautique par heure : à 10 nœuds, un bateau parcourt 18,5 km en une heure, pas 10.
La règle de trois qui suffit à tout planifier
Temps de trajet (en heures) = distance en milles nautiques ÷ vitesse en nœuds. Pour 12 milles à 6 nœuds de moyenne : deux heures. La difficulté n’est jamais le calcul, c’est d’estimer la bonne vitesse moyenne — presque toujours inférieure à la vitesse maximale annoncée du bateau, une fois comptés le temps de sortie du port à allure réduite, un cap au près qui ralentit un voilier, ou un peu de clapot qui fait lever le pied à un semi-rigide.
Pourquoi un bateau à moteur n’avance pas linéairement avec la puissance
Sur une coque planante — la majorité des semi-rigides et vedettes de location — la vitesse ne progresse pas de façon régulière avec les gaz mis : en dessous d’un certain seuil, le bateau pousse sa propre vague d’étrave sans déjauger, consommant beaucoup pour peu de vitesse gagnée ; une fois déjaugé, chaque nœud supplémentaire coûte moins cher en carburant relatif. Les travaux fondateurs de Daniel Savitsky sur l’hydrodynamique des carènes planantes, publiés dès 1964 dans Marine Technology, ont posé les équations qui décrivent encore aujourd’hui ce comportement (voir l’étude sur Google Scholar). En pratique pour un locataire : mieux vaut chercher le régime où le bateau « accroche » et s’y tenir, plutôt qu’osciller entre sous-régime et pleins gaz.
Les repères pratiques par type de bateau
- Sans permis et petit semi-rigide : 5 à 10 nœuds de moyenne réaliste.
- Semi-rigide 150-250 ch, une fois déjaugé : 20 à 30 nœuds, mais comptez la sortie de port à 5 nœuds dans le calcul global.
- Voilier au moteur : 5 à 7 nœuds ; à la voile, très variable selon l’allure et la force du vent.
À intégrer dans votre programme
Ajoutez toujours une marge de 20 à 30 % à votre estimation, et calez le retour bien avant la tombée de la nuit — notre guide du budget carburant et celui des vents de Méditerranée aident à affiner la vitesse réelle à prévoir selon la destination et la météo du jour.
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